Parcours Marionnettique 2005

Les manipulations primitives

François Lazaro

Du lundi 10 au mercredi 12 janvier 2005

Descriptif :
 » MANIPULATIONS PRIMITIVES »
La marionnette au service d’une expression primitive

Stage dirigé par François LAZARO,
Metteur en Scène, Interprète,
Directeur artistique du Clastic Théâtre et du Laboratoire Clastic.
Maître de conférence associé à l’UFR du Théâtre de l’Université Paris III La Sorbonne Nouvelle.

À chaque balbutiement de la vie nous retrouvons une expression qui tend à se théâtraliser à travers des formes directes et simples : la narration, le geste, un simple chiffon que l’on berce, un objet détourné, une poupée ou un morceau de papier tordu que l’on manipule. L’enfant parle à la porte qui grince. L’être primitif évoque ses statuettes. Le « paumé » parle à son verre de bière, à celui qui n’est pas là et qu’il faut représenter.

Il y a là, dans cette relation directe de l’individu aux matériaux aux formes et aux effigies qu’il charge de sens une voie de théâtralité puissante. Désigner, porter, montrer, prêter la voix, donner un mouvement sont des actes simples qui, sans doute, président à la naissance du théâtre. S’y intéresser permet de clarifier les relations qui existent entre l’interprète et le personnage.

La marionnette est l’une des pratiques les plus riches du théâtre contemporain. Ce stage propose la découverte des pratiques théâtrales qu’elle recouvre.

Il ne s’agira pas, dans cet atelier, de devenir marionnettiste ni de collecter des trucs pour fabriquer des poupées, mais d’effectuer une approche directe des phénomènes d’animation, de mouvement et de théâtralité à travers des exercices pratiques de manipulation d’objets et de matériaux bruts.

Il s’agira de clarifier les notions concernant la marionnette et le théâtre de marionnette, de les mettre en jeu, d’y saisir des repères, de jeter les bases d’un outil critique au service aussi bien de sa propre pratique que du regard porté sur les pratiques et les spectacles professionnels.

Aspects abordés :

– désigner,
– le « parler pour »
– créer l’illusion d’un mouvement autonome de l’objet
– avec l’interprète visible
– avec l’interprète caché.
– déléguer le mouvement.
– créer l’illusion que l’objet possède une parole propre.
– Positionnements du corps de l’interprète durant l’interprétation.
– Gestion du regard du spectateur.
– Organisation du sens.
– Les gestes et attitudes parasites.
– L’illusion du personnage.
– Ébauches de représentations.
– Aspects historiques et théoriques.

Ces aspects sont abordés à travers de brefs exercices éducatifs.

Ces éducatifs consistent en de brèves applications de consignes de jeu simples (jeux de découverte, de créativité) qui permettent aux stagiaires de découvrir les « possibles » d’une instrumentation (d’un langage) à travers l’utilisation d’objets, de matériaux, d’effigies.

Par exemple, le personnage peut être représenté par :
– un pull-over,
– une feuille de papier journal chiffonnée,
– un morceau de mousse à matelas,
– la main nue de l’interprète
– un objet quelconque
– etc…

Pour chacun des matériaux donnés la proposition de travail est sensiblement la même : « Par un effort de rêverie, imaginez, voyez naître, façonnez (par des prises de main différentes et sans recourir à un acte de construction) des personnages divers. Choisissez l’un de ces personnages, animez-le et improvisez un bref moment de jeu dramatique ».

À chaque proposition (deux ou trois par atelier de six heures) :

1 – Chaque stagiaire (seul ou en groupe) opère une phase de découverte des moyens expressifs proposés et organise une brève représentation dont il gère la forme et le contenu.

2 – Chaque stagiaire jour devant le groupe sa brève représentation.
Cela permet de constituer aux yeux de tous une collection de possibles voies de travail.

3 – Le groupe opère un renvoi critique à propos de chaque représentation et essaie collectivement de tirer des enseignements (généralités théoriques ou remarques techniques) de l’ensemble des représentations : repérage des moyens qui semblent les plus efficaces, des insuffisances de clarté et des parasites qui empêchent la précision de l’expression et le partage du personnage.

4 – Des précisions techniques, des recentrages historiques ou théoriques sont apportés par l’animateur.

Les stagiaires sont amenés à improviser des situations et des textes pour nourrir leur travail. Ils sont invités, s’ils le souhaitent, à utiliser des textes dramatiques classiques ou contemporains pour les confronter à leurs nouveaux acquis.

Travail de choeur en marionnettes

Philippe Rodriguez-Jorda

Du vendredi 4 au dimanche 6 février 2005

Descriptif :

L’activité du marionnettiste vue à travers les notions élémentaires du choeur au théâtre :

– Intentions
– Postures
– Déplacement
– Adresse

Au cours de ces quelques heures de stage, nous explorerons les ressources qui se présentent au marionnettiste animant à vue et qui passe successivement du service de la marionnette à un « jeu » avec elle.

Amplifiant les notions mises en évidence nous placerons également une marionnette face à un collectif d’individus (choeur), et inversement : un choeur de marionnettes en relation à un individu.

De la dramaturgie à la représentation

Sylvie Baillon et Raymond Godefroy

Du vendredi 18 au dimanche 20 mars 2005

Intervenants :
Sylvie Baillon, metteur en scène (a mis en scène « Drames Brefs 1 » de P. Minyana), chargée de cours marionnettes à la Fac des Arts du spectacle d’Arras et membre du conseil pédagogique de l’ENSAM de Charleville-Mézières.
Raymond Godefroy, dramaturge de la Compagnie, professeur d’option théâtre en lycée et responsable de la culture au Rectorat d’Amiens.

Descriptif :

Bases de la manipulation (rappel)
Rapport marionnette/manipulateur
Les questions d’espace.

Exercices sur le « parler pour », travail en 3 ateliers sur les textes proposés :
Dramaturgie et conception des marionnettes
Essais et critiques
Choix des figures

Poursuite du travail avec premiers essais et critiques sur la dramaturgie et la mise en scène (acteurs, personnages, récits enjeux, figures….).
Construction si nécessaire, premières mises en répétition.

Mise en répétition et travail avec les stagiaires sur la mise en jeu et la mise en scène.
Accompagnement, questionnements sur la dramaturgie et la représentation proposée.

Présentation des différentes propositions

La relation corps-objet

Claire Heggen

Du vendredi 8 avril au dimanche 10 avril 2005

Objectif : donner à découvrir et à développer les principes fondamentaux de
la relation corps-objet

Programme :

1) A partir de matériaux ou d’objets simples, éprouver les supports de physicalité réciproque de l’objet au corps (gravité, inertie, équilibre, déséquilibre, appuis, respiration, regard, engagement …)

2) Créer une relation d’objet d’art entre un corps (objet d’art) et l’objet (d’art) : quelle organisation corporelle développer en fonction de l’objet (sa forme, sa taille, sa matière, son poids …)