Sayeh Sirvani pour L’ivresse des profondeurs

En compagnonnage : de janvier à juin 2020
Dates de résidence au Tas de Sable : NC
Présentation du travail : NC

DOSSIER DE PRODUCTION

Sayeh Sirvani

Metteure en scène, marionnettiste et actrice, Sayeh SIRVANI intègre les beaux arts à l’université de Téhéran dans la section théâtre de marionnettes en 2009.

Après 5 années d’études durant lesquelles elle approfondit sa pratique et ses connaissances de la marionnette traditionnelle iranienne, elle décide de partir en France pour élargir sa vision de la marionnette.

Après une année de master à l’Université de Nice en arts vivants, elle intègre l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette à Charleville-Mézières dont elle sort diplômée en juin 2019.

En parallèle de ses études, en deuxième année, Sayeh décide de sa propre initiative de mettre en scène MacBeth ou la comédie des sorcières, qu’elle jouera au théâtre de la Nef avec plusieurs de ses camarades de promotion. En 2020, elle reprendra cette création tout public avec le soutien du Jardin Parallèle (Reims).

Pendant l’été 2018, durant un stage de collaboration avec une compagnie professionnelle, elle s’essaie à l’assistance à la mise en scène pendant une création de Frank Soehnle.
A partir de janvier 2020, elle sera compagnonne du Tas de Sable – Ches Panses Vertes pour sa future création L’ivresse des profondeurs.

Interview de Sayeh

Peux-tu nous raconter ton parcours, comment la marionnette est venue à toi ?

Je suis diplômée de université Beaux-arts de Téhéran parcours théâtre de la Marionnette. Ensuite pour faire master de théâtre je suis venu en France et j’ai fais plus en plus connaissance avec ESNAM dont j avais déjà entendu parlé durant mes études en Iran .
Après d’avoir été  admis dans la 11ème  promotion de cette école j’ai décidé d’arrêter les études universitaires et de  reprendre l’apprentissage de théâtre plus concrètement.

Quelle est ton approche artistique ?

Je suis très intéressée par les costumes du fait qu’ils ne sont pas juste des costumes. Ils peuvent se transformer et s’adapter aux scénographies, les accessoires, l’écran d’ombre et …
Ce ne sont pas des déguisements, ils doivent avoir des caractéristiques qui les identifient aux personnages.
J’ai commencé à  apprendre les  marionnettes avec la base majoritairement traditionnelle mais aujourd’hui je suis plus à la recherche d’un échappatoire aux règles et magies  des marionnettes et ainsi voir jusqu’où il est possible d’aller avec.
Ce qui est  toujours remarquable pour moi dans mes premiers rapports  avec une  Marionnette c’est de ressentir qu’elle  peut dire des choses ou faire des choses plus que personne d’autre !

Qu’attends-tu de ton compagnonnage avec le Tas de Sable – Ches Panses Vertes ?

Je suis en compagnonnage avec Tas de Sable – Ches Panses Vertes, pour évoluer le petit solo que j’ai créé dans le cadre des solo de l’école en troisième année, pour faire un spectacle qui parle des femmes du Moyen-Orient. Un sujet qui me prends beaucoup attention et qui me tient à cœur.
Bien évidemment que même le mot compagnonnage était  inconnu pour moi avant et je connaissais pas grand chose par rapport aux démarches administratives françaises. Je suis ravi qu aujourd’hui je découvre ou fur à mesure à quoi ça correspond le  compagnonnage en avançant  sur mon projet.

Quels sont tes projets à plus long terme ?

J’envisage de créer ma compagnie prochainement et  continuer l’aventure sur mes deux projets l’Ivresse des Profondeurs/ Mille et Une nuits et Macbeth et la Comédie des Sorcières.
J’aimerais bien participer dans les projets des autres compagnies et ouvrir mes expériences.
Aussi continuer à apprendre et pratiquer les constructions aussi améliorer les compétences physiques comme la danse.

Le projet : L’Ivresse des profondeurs

Publics : Tout public à partir de 10 ans
Durée de la forme actuelle : environ 15min
Durée de la forme souhaitée : environ 1h
Création : 2021

Trois monologues, trois contes qui s’entremêlent. Le texte a été finalisé et traduit lors d’une résidence de deux semaines en novembre 2019 au LEM, à Nancy, avec l’aide de Eve Bigontina. Il est évident pour moi que je doive parler de ces femmes et ces enfants qui vivaient si près de mon pays natal.

Note d’intention

Il existe des femmes invisibles en ce monde.
Dans ce monde des gens meurent par le pétrole, et d’autres sont en danger à cause de lui, dans ce monde où la guerre existe.
La guerre détruit tout, jusqu’à la distance entre le vrai et le faux. Avec elle, les cauchemars deviennent réalité et la réalité devient cauchemar.
Ma pièce est découpée en trois actes de quinze minutes chacun, inspirés des Mille et Une Nuits. Perdues dans ces contes, on retrouve trois femmes : la terrestre, l’océane et la rêveuse qui réagit aux deux précédentes ; une femme enceinte, une sirène, et une qui tient à réaliser son rêve. Ces femmes ont mille et une histoires à raconter, histoires qui ne sont jamais entendues.
La mère devient sans le vouloir le cercueil de son propre enfant ; la sirène, après avoir donné sa peau, connaît la peur, la confiance, la résignation ; la dernière s’efforce à voir le bon côté dans chaque situation. Qu’elles soient mère, épouse ou sœur, ces femmes sont avant tout humaines.

Ainsi cette Ivresse des profondeurs parlera d’eau, de sang et de pétrole, ces liquides qui donnent la vie mais peuvent aussi la prendre. Ainsi, la mère quand elle découvre son enfant mort-né ne voit pas du sang mais du mazout. La sirène puisqu’elle a donné son corps ne voit que du sang. La rêveuse pour conclure voit l’eau de son puits remplacée par du pétrole.
L’ivresse des profondeurs, Mille et Une Nuits sans fin, est une poésie des espoirs, des contestations et enfin du dévouement de ces femmes. Les Shéhérazades qui doivent réduire leur champs de vision et d’espoir, fermer les yeux sur leurs rêves.

Texte | Leïla Hekmatnia

Mise en scène, construction et jeu | Sayeh Sirvani

Aide à la traduction | Ève Bigontina

Regard extérieur | Coraline Charnet