Zoé Lizot pour Faut profiter (ben oui)

En compagnonnage : de septembre 2019 à juin 2020
Dates de résidence au Tas de Sable : NC
Présentation du travail : NC

DOSSIER DE PRODUCTION

Zoé Lizot

Actrice, metteure en scène et marionnettiste, Zoé Lizot a étudié au Studio Théâtre d’Asnières et aux conservatoires du 14e et 8e arrondissement de Paris (sous la direction de Nathalie Bécu et Marc Ernotte) en parallèle d’une licence Théâtre à la Sorbonne Nouvelle Paris 3.

Elle continue sa formation à l’École Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières (notamment sous la direction de Phia Ménard, Ludor Citrik, Johnatan Capdevielle, Claire Heggen). Durant l’été 2017, elle est interprète pour la cie Les Trois Sentiers, sous la direction de Vincent Debost, avec qui elle collabore régulièrement. En juillet/août 2018, elle effectue un stage d’assistanat auprès de Gisèle Vienne à la Biennale de Venise. En juin 2019, elle présente P= ui (puissance = tension x intensité), un projet de fin d’études dont elle signe la mise en scène. Depuis 2014, elle travaille avec la compagnie Désirades, qu’elle a créée avec l’auteur et metteur en scène Valérian Guillaume. En 2019 elle devient compagnonne du Tas de Sable – Ches Panses Vertes.

Interview de Zoé

Peux-tu nous raconter ton parcours, comment la marionnette est venue à toi ?

Au sortir du bac, j’ai commencé par suivre des études d’art dramatique à Paris, au Studio Théâtre d’Asnières et aux conservatoires des 14e et 8e arrondissement. En créant des petites formes dans le cadre de mes études, je me suis rendu compte que le rapport aux objets et aux matières m’intéressait particulièrement. Encore plus particulièrement le fait de voir l’objet comme un partenaire de jeux au même titre qu’un.e comédien.ne. Sans forcément passer par l’ « animation » de l’objet, mais d’observer la situation qui peut se tisser entre eux. La tension que peut produire la présence seule d’un.e comédien.ne et d’un objet au plateau. Avoir confiance et écouter les propositions d’un corps inanimé sur scène. C’est pour creuser et approfondir cette question que j’ai décidé de tenter le concours de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette, que j’ai intégré au sein de la 11e promotion.

Quelle est ton approche artistique ?

Mes recherches actuelles sont très liées à la question du présent sur scène. Sur l’idée de se concentrer sur l’instant t de la représentation, de se rendre compte qu’on est ici, à ce moment, réunis dans cette salle. J’aime beaucoup l’idée de faire sentir au public que ce qui se passe maintenant ne se passera que maintenant.

Qu’attends-tu de ton compagnonnage avec le Tas de Sable – Ches Panses Vertes ?

Je suis ravie d’être soutenue par le Tas de Sable – Ches Panses Vertes en compagnonnage. Au sortir d’une école, c’est très précieux d’avoir une équipe qui t’accompagne. Cette année, je monte avec leur complicité le spectacle « faut profiter (ben oui) », d’après une forme courte que j’avais crée à l’ESNAM dans le cadre des solos de 3e année. Je travaille avec Valérian Guillaume, qui signe le texte, et avec qui nous co-mettons en scène.

Quels sont tes projets à plus long terme ?

J’ai fondé cette année la compagnie 240volts qui porte mes projets, avec laquelle je souhaite développer des formes théâtrales hybrides, liées à la recherche au plateau.
J’ai une envie énorme de travail, de découvertes et de rencontres. J’aimerai notamment reprendre « P=Ui », le spectacle que j’ai présenté à la fin de mes études à l’ESNAM. Je tiens surtout à continuer la recherche au plateau, que ça soit à la mise en scène, en assistanat ou en tant que comédienne marionnettiste. Je suis également interprète pour d’autres compagnies, ce qui me ravie.

Le projet : Faut profiter (ben oui)

Tout public à partir de 8 ans
Durée : durée de la forme actuelle : environ 15min
durée de la forme souhaitée : environ 1h

Création : NC

Sur scène, une fille et ses affaires. Elle les trimballe dans des cartons, on ne sait pas trop bien si elle déménage ou si elle emménage. Elle-même non plus ne sait pas bien, mais c’est un moment de transition. Un moment d’entre-deux.

Un moment où l’on peine à être sûre de quoi que ce soit. Alors elle décide d’essayer de faire tenir quelque chose. Quand même. Elle entasse, elle agence, elle empile, de plus en plus haut, de plus en plus en équilibre : si ça tient, ça vaut la peine de vivre. On peut réussir à maintenir des choses debout dans cette vie. On peut y arriver. Si ça tombe, c’est plus la peine. Vaut peut-être mieux se flinguer.

Si ça tient je vis. Si ça tombe je meurs. Moment d’équilibre entre la vie et la mort. Moment d’apesanteur.

Dans le protocole actuel, la tour peut tomber à tout moment, ou ne pas tomber du tout, selon les représentations. Rien de stable, rien de défini. Un protocole pour frôler l’accident au plateau, ou s’en délecter s’il advient. Il y a donc actuellement plusieurs fins alternatives. Ca ne finira pas, ça ne peut pas finir pareil si la pile s’écroule ou si elle résiste.

Co-mise en scène et interprétation | Zoé Lizot

Co-mise en scène et texte | Valérian Guillaume

Extrait du texte

(…)
en fait
on prend tout doucement le le
et on caresse
décidément
pour le le
pour
et on renfile comme c’est
et on presse et on attend que ça vous change la vie
c’est comme ça que j’ai trouvé
non pas un
ni deux mais trois j’sais pas quoi comme ça alors
je l’ai mis comme ça moi
et je me suis endormi sur
et maintenant
je les regarde
c’est vraiment les amours de ma vie

moi je veux bien
mais on en fait quoi du didi
ah ben oui on sait pas
on se demande
ben oui
faut profiter
et
de toute façon on profite
on est là pour quoi sinon
on est là pour la bonne mine
ben oui
quand le didi sera parti sera fini
on mettra une plaque
ici
le didi tout pourri

(…)

ça c’est bien ma vie ça
voilà
moi je veux ma fortune
une aspirine
des tartines
des protéines
des figurines
une carabine
tac dans la gueule
ça dégouline
(…)

Valérian Guillaume