Lieu-compagnie marionnette

Seule la multiplicité, y compris la multiplicité des langues, peut être une réponse à l’unicité, à la massification, à la globalisation. Les projets artistiques « interstitiels » sont autant d’alternatives à une pensée unique et à un secteur culturel déjà souvent soit institutionnalisé soit soumis à la seule loi du marché. Robin Renucci.

À l’initiative de Themaa (Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et des Arts Associés), les acteurs importants du secteur des Arts de la marionnette, tels que l’Institut International de la Marionnette à Charleville-Mézières, le Théâtre Jeune Public – CDN d’Alsace à Strasbourg, le Théâtre de la Marionnette à Paris, de nombreux artistes et des institutions comme la Bibliothèque Nationale de France et le Musée Gadagne de Lyon se sont retrouvés en 2007 autour d’un projet intitulé Les Saisons de la Marionnette 2007-2010. Avec le soutien de la Direction Générale de la Création Artistique – Ministère de la Culture et de la Communication, Themaa a mis en place des outils de travail afin de clarifier l’état des besoins de la profession et tracer des perspectives pour ces «Saisons».

C’est dans le cadre de cette mobilisation de la profession que l’exemplarité du travail de compagnonnage effectué par des lieux-compagnies est reconnue par un référencement «Lieu compagnonnage marionnette». Au côté de 3 puis 7 homologues «pilotes», Le Tas de Sable – Ches Panses Vertes, a ainsi été missionné par le Ministère de la Culture au titre du compagnonnage marionnette, et reconnu comme «lieu compagnonnage marionnette». En 2014, les lieux compagnonnages ont décidé de changer leur nom en lieu-compagnie afin de réaffirmer le travail de création de la compagnie fondatrice du lieu.

La création est au cœur des lieux-compagnie : ils sont dirigés par un artiste, dont le travail artistique est reconnu et dont la compagnie conventionnée a accompli un fort travail d’implantation.

Les huits lieux-compagnie :

Bouffou – Théâtre à la coque – Serge Boulier – Hennebont (Bretagne)
Pupella Noguès / Odradek – Joëlle Noguès et Georgio Pupella – Quint Fonsegrives (Midi-Pyrénées)
Vélo Théâtre – Charlot Lemoine et Tania Castaing – Apt (P.A.C.A.)
Le Clastic Théâtre – François Lazaro – Clichy (Ile de France)
La Nef–Manufacture d’utopies – Jean-Louis Heckel – Pantin (Ile de France)
Le Théâtre aux mains nues – Pierre Blaise – Paris (Ile de France)
Le Jardin Parallèle – David Girondin Moab et Angélique Friant (Champagne-Ardenne)
Le Tas de Sable – Ches Panses Vertes – Sylvie Baillon – Amiens (Picardie)

Le lieu est dédié à la création et l’expérimentation et se caractérise par une architecture conçue en adéquation avec la création marionnettique : l’atelier et le plateau y sont à proximité. Le temps particulier de la construction des spectacles par la marionnette y est pris en compte.

Les lieux-compagnie développent un travail de compagnonnage avec des artistes, lesquels, jeunes ou moins jeunes, demandent un regard d’artiste. Ils ont travaillé à la reconnaissance de cet accompagnement comme travail de formation, donc rémunéré et par ailleurs milité pour être en mesure d’assurer une aide à la production à ces artistes.

Ces lieux se constituent en réseau national pour partager des expériences, des expérimentations artistiques, culturelles et politiques (sur la formation, le développement des Arts de la marionnette, les rapports aux publics…) mais aussi pour pouvoir, en relation avec les structures nationales existantes, mutualiser les efforts et mettre en place des actions conjointes.