POUR UNE FOIS QUE TU ES BEAU

Création : Juin 2018

Générique

Texte :
Jean Cagnard

Mise en scène :
Pierre Tual

Avec :
Charlotte Bouriez et Pierre Tual

Piano, scénographie et lumières :
Guillaume Hunout

Marionnettes :
Polina Borisova

Peintures :
Roland Shön

Regards complices :
Sylvie Baillon, Eric Goulouzelle et Lucas Prieux

Diffusion :
Isabelle Touret

SYNOPSIS

Pièce pour deux acteurs, un pianiste, une dizaine de marionnettes
et cinquante mètres de toile peinte en rouleau
Spectacle autonome et tout terrain | Public adulte et adolescents
Jauge envisagée – 120 spectateurs

Durée envisagée – 1h30 | Création en juin 2018

« C’est l’histoire d’une mère peut-être un peu particulière (impitoyable ?) et de son fils à priori bien obéissant (simple ?). Le fils revient chez sa mère, il a fait le tour du monde – apparemment il en était capable. Il apporte des nouvelles absurdes. Il n’a rien vu, rien compris. A-t-il seulement ouvert les yeux ? Son but à présent : rester dans les jupes maternelles, bien plus vastes que n’importe quel horizon. Il n’est pas le bienvenu. La mère a raison, il est temps de grandir, dehors ! Il n’y a pas une guerre quelque part ? Ca l’occuperait. Il va donc repartir. On peut espérer qu’il en comprendra davantage cette fois. C’est possible. C’est même à craindre. Il va peut-être ouvrir un œil et regarder autour de lui. Il reviendra à nouveau. Cette fois les nouvelles seront plus cohérentes, hélas. La conscience du fils jouant comme un accélérateur de particules, les absurdités du monde se rapprocheront, les horreurs, les folies, les furies, entamant peu à peu la carapace compacte de la mère. Le fils est d’abord le messager, puis de plus en plus acteur des événements. Oublié, le garçon bien sage. Il aura des amis soudain, beaucoup d’amis, une véritable population d’amis, tous dangereusement semblables. Le monde va finalement s’inviter à la table de la mère, étrangement disproportionné, étrangement violent, renversant les rôles et les autorités. Qui sait ce dont sont capables les oisillons qui deviennent des aigles… »

Jean Cagnard

Production & Soutiens

Production / Le Tas de Sable – Ches Panses Vertes
Pôle des arts de la marionnette, lieu compagnonnage marionnette, missionné par le ministère de la Culture et de la Communication au titre du compagnonnage marionnette. Le Tas de Sable – Ches Panses Vertes est conventionné avec le ministère de la Culture, DRAC Picardie, le Conseil régional des Hauts de France, le Conseil général de la Somme, le Conseil général de l’Oise et Amiens Métropole.

Co-production /  Le Sablier, Pôle Régional des Arts de la Marionnette, Dives-sur-Mer – France, Théâtre Le Palace, Montataire – France | Le Centre de la Marionnette de la Fédération Wallonie Bruxelles, Tournai – Belgique

Résidences et soutiens / La Fabrique de Théâtre, Service des Arts de la Scène de la Province de Hainaut – Frameries, Belgique | Odradek – Compagnie Pupella-Noguès, Lieu-compagnie missionné pour le compagnonnage marionnette – Toulouse, France | Théâtre Ches Cabotans d’Amiens – Amiens, France | Musée de la vie wallonne – Liège, Belgique

Note d’intention

« Pour une fois que tu es beau » sera un spectacle pour acteurs et marionnettes. C’est à dire qu’il s’appuiera autant sur les acteurs que sur les marionnettes pour mettre en jeu l’histoire. Les deux personnages, joués par Pierre Tual et Charlotte Bouriez, seront visibles tantôt en chair et en os, tantôt en papier et chiffon, et la plupart du temps les deux en même temps.

Les marionnettes serviront à appuyer l’aspect fabuleux du texte et à rendre plus palpables les idées poétiques de l’auteur. Elles seront présentes pour donner une forme concrète à ce qui se raconte, pour mettre en évidence les émotions des personnages et leur vécu. C’est également par la double présence des acteurs et des marionnettes pour jouer les personnages que nous chercherons à mettre en tension notre histoire.

La marionnette du fils commencera à grandir quand ce dernier quitte sa mère. Le personnage sera donc joué successivement par plusieurs marionnettes à différentes échelles. La marionnette de la mère quant à elle se ratatinera en vieillissant, jusqu’à devenir ridicule et insignifiante. Il y aura aussi des animaux : un cochon que la mère adopte pour remplacer son fils, un cerf – allégorie du père absent – qui sort de la forêt et s’invite dans la maison. La plupart des marionnettes seront des marionnettes à tringles et à fils inspirées des marionnettes picardes et des marionnettes liégeoises. Le travail de création nous fera peut-être dériver vers d’autres techniques.

Accompagnant les acteurs, un pianiste sera présent tout au long du spectacle. Il fera sans doute chanter les acteurs, peut-être des petites pièces de Leonard Bernstein, ou bien une chanson d’Agnès Varda et Michel Legrand… Il participera à créer une atmosphère de cabaret, joyeuse et déglinguée, puis plus sombre et menaçante à mesure que la pièce se déroule et que les personnages courent à leur perte.

Comme principal élément de décor, une toile peinte de 50 mètres de longueur et enroulée sur elle même sera réalisée par l’artiste Roland Shön. Animée par les acteurs à l’aide d’une manivelle, elle servira de rengaine visuelle pour raconter le temps qui passe et la vie qui défile. Elle permettra également de déployer la fantaisie du monde inventé par Jean Cagnard, grâce à l’univers de Roland Shön mêlant dessins, peintures et collages d’images.

Ce spectacle sera conçu pour être joué sur des plateaux de théâtre, mais aussi dans d’autres lieux plus surprenants pour accueillir des spectacles : cours fermées, salles des fêtes, bâtiments patrimoniaux. Il sera donc autonome techniquement et léger. Cela permettra d’aller à la rencontre de spectateurs ne fréquentant pas ou peu les théâtres, mais aussi de recréer partout une atmosphère propice à la rêverie, à la rencontre, à la discussion.

Extraits

MÈRE : Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ?
FILS : Je suis resté près de toi.
MÈRE : Je n’ai rien senti.
FILS : Je t’ai regardé dormir. Tu étais très belle.
MÈRE : Tu perds ton temps et ta jeunesse.
FILS : J’ai une sacrée pêche quand je suis près de toi. Je bouffe du lion.
MÈRE : Tu ferais mieux de manger de la chair fraîche.
FILS : Qu’est-ce que tu veux dire ?
MÈRE : Il n’y a pas une autre femme dans ta vie ?
FILS : Aucune qui t’arrive à la cheville.

MÈRE : Quand est-ce que tu repars autour du monde ?
FILS : Encore cette question ?
MÈRE : Alors ?
FILS : Jamais.
MÈRE : Qu’est-ce que tu veux dire ?
FILS : Excuse-moi, mère, le monde, je connais.
MÈRE : Cette fois, tu ouvres les yeux.
FILS : Tiens, pourquoi ?
MÈRE : Quelque chose t’a peut-être échappé la première fois.
FILS : Je connais du monde exactement ce que je dois en connaître.
MÈRE : Tu n’en connais que l’obscurité.

La mère est là, à cheval sur le cochon qui porte la petite culotte spéciale du dimanche. Ils font de petits tours, des allers retours dans l’espace. De temps en temps, le cochon se dresse sur ses pattes arrière, tel un destrier et la mère hennit, peut-être de plaisir. En arrière fond, on entend des chants virils, des cris, des sons de cors, des aboiements, brouhaha qui ne cessera plus.

FILS : Je croyais que tu n’aimais pas les cochons.
MÈRE : C’est vrai. Je préfère les porcs.
FILS : Et celui-là alors ?
MÈRE : Ca ? C’est mon fils.
FILS : Mère, ton fils, c’est moi. Ca, c’est le cochon.
MÈRE : Tu te rappelles la dernière fois que tu es parti ? Tu n’avais pas tourné le coin de la rue, il arrivait. Je t’ai oublié tout de suite.

La mère se dévêt. Elle découvre un corps avachi, des fesses molles, des seins flasques, des cuisses osseuses…

FILS : Mon Dieu que tu es belle ! Comme j’ai toujours imaginé.
MÈRE : Ca va, n’en rajoute pas. Je suis une honnête femme, pas la putain de ton vocabulaire.
Le fils enlève son pantalon, son slip, découvrant un sexe en érection aussi grand que sa mère.
MÈRE : Ton machin a de l’allure, on dirait. Je n’aurais pas cru.
FILS : Tel père, tel fils, mère. Voilà, je suis prêt !

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