LE MENHIR

Création 2019

Générique

Texte |
Jean Cagnard

Mise en scène |
Eric Goulouzelle

La mère |
Junie Monnier

Le fils |
Julien Defaye

Création lumière |
Franck Besson

Régie |
Yvig Cambien

Scénographie |
Antoine Vasseur

Chorégraphie |
Leone Cats Baril

Costumes |
Sophie Schaal  

Regards complices |
Sylvie Baillon

Construction objets marionnettiques |
en cours

Musique |
en cours

SYNOPSIS

Parce qu’il ne se satisfait pas du silence de son père, le fils abandonne pour un temps femme, enfants, travail pour planter sa tente devant la maison parentale, puis par se planter lui-même dans le jardin. Il ne repartira pas sans avoir parlé au paternel.  Il va se solidifier, s’il le faut. Entre les deux hommes, la mère fait le messager, transporte les paroles de l’un à l’autre, en y plaçant ses propres vérités si bien qu’on ne sait pas très bien ce qui est réellement livré. Il faut pourtant lui faire confiance, c’est sur elle que repose  la solution. Et puis il y a le passé aux alentours qui semble peser de manière concrète : l’usine qui a disparu, délocalisée, en laissant un grand trou dans les gorges et dans le ciel.

Pourquoi nous retirer et abandonner la partie,
quand il nous reste tant d’êtres à décevoir?

Cioran, "Syllogismes de l’amertume"

L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons
nous-même de ce qu’on a fait de nous.

Sartre, "Saint Genet, comédien et martyr" (cité par Didier Eribon dans "Retour à Reims")

NOTE D’INTENTION

« La déception. Celle d’un fils, à propos de son père, de sa mère. Celle d’un père, d’une mère, à propos de son fils, de leur fils.

Deux grandes figures. Celle du fils, tout d’abord. Il était parti. Il est revenu. Il veut des réponses. Forcer le père au dialogue. Comme une figure de la question sans réponse. De la vie qui déborde, de l’action briseuse de silence. La figure de la mère ensuite. La mère gardienne du temple, gardienne de la tranquillité. Avant-poste contre la chienlit. Une troisième figure, importante, bien qu’invisible, celle du père, figure du silence. Et une dernière petite figure, celle du chien, qui, à la manière des chiens de Cervantes, vient, le temps d’une petite scène, faire son petit commentaire sur la nature humaine.
La langue de jean Cagnard m’est précieuse parce que le drame, le désespoir, la mélancolie y sont toujours tenus à distance. Une distance élégante, parfois teintée d’ironie, comme s’il fallait ré-enchanter le verbe, faire semblant, même si la conscience de la dureté du monde est totale.
Elle est réduite ici à l’essentiel. Les répliques sont comme des flèches que les protagonistes se balancent par dessus la muraille de cette maison ouvrière assiégée. Ou, pour faire moins dramatique, elles sont les balles du match auquel se livrent le fils et la mère. Coup droit, revers, amorti. Et pas de nostalgie dans ces échanges. Les lendemains n’ont probablement jamais chanté, même en Chine.
Les images développées dans le texte, métaphoriques, fantastiques, sont allèchantes pour un marionnettiste. La Mère se démembre petit à petit. Le fils, après avoir dévasté le jardin, s’enflamme, puis se minéralise. La maison s’écroule. Il faudra en trouver la juste transposition pour laisser un maximum de place aux acteurs.
Car c’est avant tout d’eux qu’il s’agit. Il faut une actrice et un acteur qui n’ont pas froid au texte. Car il est compact, rhythmé, sportif. J’ai l’envie de travailler leur corps, en faire des figures, comme pour retrouver un théâtre archaïque qui permettrait peut-être l’utilisation d’objets marionnettiques tout en restant proche des acteurs. Envie de travailler les matières, terre, pierre, feu, peut-être…
J’envisage l’espace de jeu comme le lieu du match, le grillage du jardin faisant office de filet, histoire de trouver la distance qui permettrait l’humour. Il y a quelques passages où nous devrions pouvoir rire. J’aimerais ça.
Il faut, dans tous les cas, que tout concoure à l’inévitabilité du texte. Que nos oreilles ne puissent pas l’éviter. »

Éric Goulouzelle, Mai 2017

Extrait de texte

MERE. – […]… Tu as saccagé le jardin…
FILS. – (Regarde le jardin) Ah oui, peut-être…
MERE. – Tu es content ?
FILS. – (Regarde le jardin) Oui.
MERE. – Et maintenant, il n’y a plus qu’un légume ici. C’est toi.
La mère sort un petit paquet de la poche de son tablier.
Tiens, je t’ai apporté ça.
FILS. – Un cadeau ?
MERE. – C’est lui qui l’a fabriqué.
FILS. – Un cadeau de sa part ?
MERE. – Oui.
FILS. – Qu’est-ce que c’est ?
MERE. – C’est de l’explosif. Un mélange avec de l’engrais.
FILS. – C’est gentil.
MERE. – Tu le mets où tu veux. C’est toi qui choisis.
FILS. – Je vais réfléchir. Peut-être sous mon oreiller ?
MERE. – Sous ton oreiller, si tu veux.
FILS. – Tu lui diras merci.
MERE. – Je lui dirai.
FILS. – Ça me touche, ce cadeau.
MERE. – Tant mieux. Les cadeaux, il faut que ça touche.
La mère part en écartant le linge, disparaît. Les cadeaux, il faut que ça touche

Production

Production  / Le Tas de Sable – Ches Panses Vertes, Pôle des Arts de la marionnette, Lieu-compagnie marionnette.

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Résidences à venir
Du 2 au 12 Janvier 2018 | au tas de sable
Du 18 au 30 Juin 2018  | au tas de sable
Du 19 au 30 Novembre 2018  | au tas de sable