Pierre Tual pour Naufrages

Dates de résidence au Tas de Sable : du 2 au 4 février, du 6 au 16 avril, du 20 au 25 avril, du 25 avril au 1er mai et du 22 au 27 juin 2009
Deuxième résidence : du 5 au 11 octobre 2009
Présentation du travail en cours : le 22 juin 2009

 La transmission a toujours fait partie du projet artistique de la compagnie (…) et la transmission fait aussi partie de notre métier.
Je suis membre du conseil pédagogique de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette à Charleville-Mézières et intervenante, et cela me semble naturel de continuer avec un des étudiants cet accompagnement commencé à l’Ecole. Ainsi, la compagnie l’a fait pour Eric Deniaud, ancien élève, qui a créé sa compagnie au Liban.
Et l’histoire se renouvelle avec Pierre. Une rencontre, ça ne s’explique pas. Mais il y a eu rencontre humaine et artistique avec lui. Il s’agit qu’il participe à la création de « Et cependant », en tant qu’assistant à la construction des marionnettes et assistant à la mise en scène et dramaturgie.(…) Et accompagner son travail personnel.
« Juliette », à sa demande, je l’ai déjà accompagné dans la dramaturgie. Il est allé en résidence au Théâtre à la Coque en Bretagne, sa région. Il s’agit d’accompagner sa mise en scène, au sens concret du terme.
« Poch », c’est son solo d’Ecole et il s’agit de travailler avec l’auteur sur une version plus longue.
Ces deux solos sont programmés dans le cadre du temps fort « Marionnettes en Chemins » que j’ai mis en place sur la région Picardie.
Et puis Pierre devra participer à la mise en place d’ateliers autour de son travail et le nôtre : projet d’exposition etc… afin qu’il se confronte au public et pas seulement dans une relation de représentation.
Le contrat de professionnalisation devra aussi lui permettre de valoriser son diplôme, pour l’instant DMA équivalent DEUG, en licence Arts du spectacle.

Sylvie Baillon

Pierre Tual

Pierre Tual commence par se former au métier de comédien en autodidacte en rencontrant divers artistes lors d’ateliers amateurs, stages, premières créations professionnelles… Il aborde alors le travail de clown et de bouffon (avec Marie Bout, Lory Leshin), de mouvement (avec Claire Perraudeau, Thomas Chopin), d’interprétation (avec Gweltaz Chauviré sur des textes de Garcia Lorca, Genet, Shakespeare…), de théâtre d’objets et de marionnettes (avec Marie Bout, Arnaud Louski-Pane)…

En 2005, il intègre l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières. Il y apprend pendant trois ans le métier de comédien marionnettiste. Les arts plastiques (avec Jean-Luc Félix, Pascale Blaison, la compagnie brésilienne Theatro Giramundo), le mouvement (avec Claire Heggen et Jo Lacrosse), la voix (avec Alain Zaeppfel), l’interprétation (avec Jean-Christophe Barbaud et Stéphanie Farison), la mise en scène et la dramaturgie (avec Jean-Louis Heckel, Sylvie Baillon et Philippe Minyana). Il travaille avec des artistes comme Bruno Leone, Fabrizio Montecchi (Theatro Giocco Vita), Massimo Schuster (Théâtre de l’Arc en Terre), Gavin Glover (compagnie Faulty Optic), Philippe Genty, Stephen Mottram, Alain Gautré…

Comme comédien et marionnettiste, il joue pour la compagnie Zusvex dans Lettres des Îles Baladar mis en scène par Marie Bout ainsi que lors des Petites Pauses Poétiques. A l’ESNAM, il joue dans un spectacle de Roland Shön, L’homme qui fait le soleil, et dans un spectacle de Philippe Minyana C’est l’anniversaire de Michèle mais elle a disparu. Il participe également à la dernière création de la compagnie Royal de Luxe La révolte des mannequins.

Il met en scène et interprète deux soli : A têtes tues avec des marionnettes à gaine sur un texte de Sylvain Levey (2006) et Poch avec quelques objets sur un texte de Sébastien Joanniez (2007).

A partir de 2008, il est en compagnonnage avec Sylvie Baillon et la compagnie Ches Panses Vertes. Dans le cadre de ce partenariat, il crée une version longue de Poch ainsi qu’un nouveau solo marionnettique, Juliette (suite et fin trop précoce). Il les réunit dans un diptyque, Naufrages, auquel ses résidences au Tas de Sable lui permettent de se consacrer.

Le projet : Naufrages

Retrouvez la page du spectacle

Naufrages sera un diptyque réunissant deux formes courtes dans une même soirée. Juliette (suite et fin trop précoce) sur un texte de Sylvain Levey qui durera environ 15 minutes et Poch de Sébastien Joanniez qui durera quant à lui environ 40 minutes. Ces deux formes pourront également être jouées indépendamment l’une de l’autre.

Parler des Naufragés…

Une adolescente paumée qui se jette du haut d’une grande roue de fête foraine. Un homme à la rue qui meurt sur un coin de trottoir. D’accord, ça n‘est pas rose. Mais ça existe les gens comme ça. Je veux dire, les gens qui ne marchent pas tout à fait droit, voire carrément en dehors de la route. Ceux qu’on dit marginaux, perdus, et qui à force qu’on les ignore finissent par se prendre un mur ou par tomber dans le fossé…
D’accord ça n’est pas rose, mais ça existe, et quand j’ai découvert ces deux textes, Juliette (suite et fin trop précoce) et Poch, j’ai été profondément ébranlé par les histoires de ces deux personnages. Du temps s’est écoulé… Et je me suis rendu compte que ces histoires me touchaient toujours autant et que j’avais besoin de les mettre en scène parce qu’elles parlaient poétiquement mais terriblement sincèrement d’une réalité intolérable face à laquelle comme beaucoup je me sens le plus souvent impuissant. Et puis comme par les temps qui courent cette réalité ne semble pas s’améliorer…

Poursuivre une collaboration étroite entre des auteurs et un marionnettiste et faire dialoguer nos langages respectifs.

L’amitié de longue date qui me lie à Sylvain Levey m’a permis très tôt de découvrir le plaisir de travailler en étroite collaboration avec un auteur dramatique. Les thèmes qui traversent son écriture me touchent et m’accompagnent dans ma recherche artistique : la famille, le quotidien, le presque rien, le banal, et au cœur de tout ça, le drame. Ma formation à l’ESNAM m’a permis de rencontrer Sébastien Joanniez et de découvrir avec beaucoup d’émotion son écriture.
Aujourd’hui, je peux affirmer que la collaboration avec des auteurs qui ont des choses à dire voire à gueuler au monde est fondamentale dans ma démarche de création. Mettre en scène ces textes s’inscrit donc pour moi dans la continuité d’une connivence artistique entre des auteurs et un marionnettiste, avec l’envie de confronter nos univers et de tenter de faire dialoguer nos langages respectifs.

Développer une écriture scénique personnelle en mêlant jeu d’acteur, marionnettes, ombres, images, objets…

Juliette (suite et fin trop précoce) et Poch seront mes deux premières mises en scène « pour de vrai ». Ça sera pour moi l’occasion de mettre en application les nombreux apprentissages que j’ai reçus à l’ESNAM bien sûr, mais ça sera surtout l’occasion d’essayer d’écrire des spectacles à ma manière… Il y aura sans doute des figurines, des images, des objets, mais au fond pour moi peu importe. Ce qui compte c’est les histoires, et le fait qu’elles soient mises en scène et interprétées par un marionnettiste. C’est-à-dire avec le regard du marionnettiste. Donc je pense, pas tout à fait droit, voire peut-être carrément en dehors de la route.

Pierre Tual, avril 2009.

Son blog : http://spectacle-naufrages.blogspot.com/

Générique

Mise en scène, Interprétation, Marionnettes :
Pierre Tual

Textes :
Sylvain Levey , Sébastien Joanniez

Regards critiques :
Sylvie Baillon, Eric Goulouzelle

Scénographie:
Maité Martin

Création Sonore:
Pierre Bernert

Création Lumières :
Guillaume Hunout