Générique

Auteur :
Eric Durnez

Mise en scène :
Guillaume Lecamus

Dramaturgie :
Julie Sermon

Avec :
Richard Sandra, Johanne Thibaut et un autre comédien (en cours de distribution)

Scénographie/marionnettes :
Norbert Choquet

Lumières :
Jacques Boüault

Morbus Théâtre pour Karl Lüddik

Dates de résidence au Tas de Sable : du 24 mai au 06 juin 2011
Présentation du travail : lundi 06 juin 2011

Guillaume a déjà présenté son travail dans le cadre de notre collaboration avec la Maison du Théâtre. Il en est à un moment important de son histoire de compagnie. Accompagné par deux autres lieux -compagnonnage marionnette de la région parisienne, c’est avec plaisir que nous accueillons ce nouveau projet.

Sylvie Baillon

Morbus Théâtre

Le Morbus théâtre est né en 2001, à Paris sous l’impulsion de Guillaume Lecamus, metteur en scène et interprète des spectacles de la compagnie. Guillaume Lecamus s’est formé au jeu de l’acteur avec Jean-François Dusigne, du masque et du clown (bases Lecoq) avec Annick Laurent, à l’art de la marionnette avec François Lazaro et à la mise en scène avec Eloi Recoing. Comme metteur en scène, il a collaboré avec les cies « Les estropiés », « Objets sensibles », « Caravane K » et comme comédien, collabore notamment avec François Lazaro du Clastic Théâtre. Il travaille également avec le théâtre de rue ou la danse et participe à diverses performances, lectures…

Actuellement basé à Clichy, le Morbus théâtre propose des créations mettant en jeu des marionnettes, des pantins, des effigies, des œuvres plastiques au service des écritures d’aujourd’hui. La compagnie propose souvent un travail de proximité avec le public, par les formes non-conventionnelles des spectacles (spectacles-parcours, déambulations,…) mais aussi par une démarche volontariste (théâtre chez l’habitant, en appartement, dans les villages, …). Elle a déjà plusieurs créations à son actif : Avis de décès de Heiner Müller, Théâtre décomposé ou l’homme-poubelle de Matéi Visniec, De quelques choses vues la nuit de Patrick Kermann, Petites pièces grotesques et sérieuses, ensemble de quatre formes courtes et Cela fait-il du bruit ? de Patrick Dubost.

www.morbustheatre.com

Le projet : Karl Lüddik

Ce projet est né d’un chantier-laboratoire réalisé à l’automne 2010, « Textes en mains », initié par l’association « A Mots Découverts », collectif de comédiens et de metteurs en scène promouvant les écritures dramatiques contemporaines. Ce chantier était ouvert à la marionnette et c’est ainsi qu’y ont été associés le Théâtre de la Marionnette à Paris et les lieux compagnonnages marionnettes d’Ile de France et particulièrement le Clastic Théâtre. Choisi en tant que metteur en scène marionnettiste par François Lazaro du Clastic Théâtre, Guillaume Lecamus a pu expérimenter avec la complicité de comédiens diverses formes d’interprétation, divers stratagèmes de représentations au service des textes proposés (4 textes inédits de 4 auteurs différents). Suite aux sessions d’expérimentations, il a choisi de travailler sur la pièce Karl Lüddik d’Eric Durnez, auteur avec lequel il avait déjà collaboré quelques années auparavant à la Chartreuse de Villeneuve Lez Avignon. Un attachement fort à ce texte – « l’effet d’une bombe à retardement » – ainsi que l’enthousiasme des comédiens associés a contribué à faire naître un véritable désir de création. Un risque de dépassement de soi qu’a décidé de prendre Guillaume Lecamus et que salue l’auteur du texte, heureux que le travail amorcé lors du laboratoire reprenne pour la création d’un spectacle et convaincu de la pertinence de la présence de la marionnette dans la mise en scène d’un tel écrit.

La pièce est composée de plusieurs petits tableaux oscillants entre espaces intérieurs mentaux et espaces extérieurs. Le personnage Karl Lüddik se retrouve tantôt chez lui où il s’interroge lui-même jouant le jeu de l’interviewer-interviewé, dissertant sur de grandes questions existentielles tantôt en compagnie de Rosina, une prostituée avec qui il noue une relation platonique, tantôt au sein d’une entreprise quelconque où il subit les brimades de son patron et les humiliations de ses collègues. Karl Lüddik peut être considérée comme une tragi-comédie où s’entremêle subtilement rêve et cauchemar, lumière intime, beauté des choses et noirceur du quotidien, violence froide et absurde.

Pour Guillaume Lecamus, la marionnette permet de rendre compte de la sincérité de la pièce. Les marionnettes seront ici des doubles miniatures des trois personnages principaux et donc des trois comédiens les incarnant. La particularité de l’interprétation consistera à jouer autour, avec, sans la marionnette créant ainsi des fils invisibles, une géométrie émotionnelle où viendra se nicher le sens et le sensible. Immobilité et mouvement, incarnation et distanciation doivent se fondre ensemble. Le jeu théâtral des comédiens, le jeu avec les marionnettes et la marionnette elle-même doivent se renvoyer leurs propres reflets, leurs propres effets comme un boomerang inlassable afin de faire entendre au mieux l’écriture.